Dominique Giorgi à l’ANDPC : l’expérience sociale au service d’une réforme sensible

L’Agence nationale du DPC (ANDPC) s’apprête à confier sa direction à Dominique Giorgi, qui succédera à Michèle Lenoir-Salfati.
Cette nomination intervient dans un contexte particulier : celui de l’année de transition entre le Développement Professionnel Continu et la montée en puissance de la certification périodique des professionnels de santé.

Une période charnière, où l’Agence devra à la fois assurer la continuité des dispositifs existants et préparer l’avenir, dans un environnement réglementaire encore en construction.

Un décret précise cette nomination.

Une mission exigeante, avant tout humaine

Derrière les textes et les réformes, la transition vers la certification périodique repose largement sur les équipes de l’ANDPC. Charge de travail accrue, incertitudes opérationnelles et attentes parfois contradictoires des acteurs du système de santé rendent l’exercice délicat.
La mission du futur directeur sera donc autant managériale qu’institutionnelle, avec un enjeu central : accompagner les agents dans une transformation lourde, sans rupture brutale.

Dominique Giorgi

Sur ce point, le parcours de Dominique Giorgi, profondément ancré dans les politiques sociales, constitue un signal fort.

Un haut fonctionnaire rompu aux politiques sociales et sanitaires

Né en 1961, Dominique Giorgi est ancien élève de l’École nationale d’administration (ENA). Il intègre l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) en 1988, où il construit une carrière centrée sur l’analyse, l’évaluation et la régulation des politiques publiques sociales et de santé.

Promu inspecteur général des affaires sociales en 2000, il conduit de nombreuses missions d’audit sur des sujets complexes, notamment dans le champ du médicament, secteur dans lequel il est identifié comme un expert reconnu.

Des fonctions stratégiques au cœur des institutions

Au fil de son parcours, Dominique Giorgi a occupé plusieurs fonctions opérationnelles majeures. Il a notamment été sous-directeur à la Ville de Paris pour la protection de l’enfance, avant de devenir secrétaire général de l’Assistance publique–Hôpitaux de Paris (AP-HP) à la fin des années 2000.

Il a également joué un rôle important dans les instances nationales de régulation, en présidant ou vice-présidant le Comité économique des produits de santé (CEPS). Depuis 2016, il est vice-président du Conseil national d’orientation des conditions de travail, participant à la définition des politiques publiques de santé au travail.

Enseignement, écriture et regard personnel

Parallèlement à ses fonctions administratives, Dominique Giorgi a enseigné les questions sociales à Sciences Po Paris et à l’Université Paris-Dauphine, contribuant à la formation de plusieurs générations de cadres.

Auteur de travaux sur les politiques sociales et la politique du médicament, il prolonge son engagement par l’écriture. Plus discrètement, il consacre une partie de son temps libre à la littérature, à travers des nouvelles et des livres nourris de ses racines corses et gersoises, offrant une facette plus intime de son parcours.

Un choix de continuité dans l’incertitude

À l’heure où la certification périodique reste en partie à construire dans ses modalités concrètes, la désignation de Dominique Giorgi apparaît comme celle d’un profil d’équilibre et de continuité.
Son expérience des institutions, son sens des enjeux humains et sa connaissance fine du champ social pourraient permettre à l’ANDPC de traverser cette période de transition sans rupture, en attendant que le nouveau cadre de la formation et de l’évaluation des professionnels de santé trouve pleinement sa stabilité.

Certification périodique des professionnels de santé : le cadre se précise, la mise en œuvre reste à construire

Après des années d’annonces et de débats, la certification périodique des professionnels de santé (CPP) franchit une étape décisive avec la publication de deux décrets.
Ces textes posent enfin une ossature réglementaire claire : les acteurs sont identifiés, les responsabilités réparties et les mécanismes de contrôle organisés.

Pour autant, une réalité s’impose : les modalités pratiques restent largement à définir. Comment valider chaque brique ? Avec quels financements ? Selon quelles règles concrètes ? Autant de questions encore ouvertes.

Deux décrets pour installer le dispositif national

Les nouveaux textes structurent le fonctionnement global de la certification périodique.
Ils définissent :

  • l’organisation du système,
  • les rôles des institutions impliquées,
  • le suivi administratif des parcours,
  • et les procédures de contrôle.

En revanche, ils laissent volontairement de côté les détails opérationnels, qui conditionneront pourtant l’adhésion des professionnels et l’efficacité réelle du dispositif.

Décret 2025-1335

Décret 2025-1336

Une répartition des rôles désormais lisible

Les CNP : concevoir les contenus

Les Conseils Nationaux Professionnels (CNP) sont chargés de bâtir les contenus de la certification pour chaque profession et spécialité.
Ils déterminent les actions attendues, en lien avec l’évolution des connaissances, les pratiques de terrain et les priorités de santé publique.

👉 À ce stade, les formats exacts, la charge de travail attendue et les critères précis de validation restent à préciser.

La HAS : garantir la cohérence scientifique

Les contenus proposés par les CNP doivent être validés par la Haute Autorité de Santé (HAS).
Son rôle est d’assurer la qualité scientifique, l’harmonisation nationale et la cohérence avec les recommandations officielles.

Le gouvernement conserve par ailleurs la possibilité de demander à la HAS d’adapter ou de compléter les contenus, en fonction de nouveaux enjeux sanitaires ou organisationnels.

👉 Reste à savoir comment ces évolutions s’appliqueront aux professionnels déjà engagés dans un cycle de certification.

L’État : centraliser les preuves de suivi

L’État déploie un téléservice dédié, Ma Certif’Pro Santé, destiné à recueillir :

  • les actions réalisées,
  • les justificatifs transmis,
  • l’état d’avancement de chaque professionnel.

Cet outil constitue le socle administratif du dispositif.
👉 Mais la nature des preuves attendues, leur format et leur articulation avec les dispositifs existants (DPC, EPP locales, formations internes) ne sont pas encore clairement définis.

Les ordres professionnels : contrôler et accompagner

Les conseils nationaux des ordres, notamment le Conseil national de l’Ordre des médecins pour les médecins, assurent le contrôle du respect des obligations.

Leur mission consiste à :

  • vérifier la conformité des parcours,
  • contacter les professionnels non à jour,
  • demander des explications ou justificatifs,
  • proposer des solutions de régularisation,
  • et, si nécessaire, engager une procédure disciplinaire.

L’esprit affiché est celui de l’accompagnement progressif, même si les seuils précis de déclenchement des contrôles restent encore à clarifier.

La certification périodique des professionnels de santé : 4 axes à valider à 100%

Les quatre piliers de la certification périodique

La CPP repose sur quatre dimensions complémentaires, désormais bien établies sur le plan conceptuel.

1. Actualisation des connaissances

Formations, recommandations, nouvelles compétences : il s’agit de maintenir un haut niveau scientifique.

2. Analyse des pratiques professionnelles (EPP)

Audits, démarches qualité, retours d’indicateurs : une approche réflexive de l’exercice réel.

3. Relation avec le patient

Communication, information, décision partagée, qualité de la relation soignant-soigné.

4. Santé du professionnel

Prévention de l’épuisement, santé mentale, conditions d’exercice et équilibre professionnel.

👉 Ce qui manque encore :

  • la liste des actions permettant de valider chaque pilier,
  • les équivalences possibles entre actions,
  • les exigences minimales par période.

Un calendrier défini, des modalités à venir

Le cadre temporel est désormais acté :

  • Piliers 1 et 2 : validation tous les 3 ans, dans une logique proche du DPC.
  • Piliers 3 et 4 : validation tous les 6 ans.

Mais une question centrale demeure : le financement.
Quels dispositifs financeront quelles actions ? Avec quels plafonds ? Et comment s’articuleront DPC, certification périodique et formations hors DPC ?

Diplômés récents : un délai transitoire

Les professionnels diplômés après 2023 disposent d’un régime spécifique :
➡️ 9 ans pour valider leur première certification périodique complète.

Un délai destiné à faciliter l’entrée dans le dispositif, à condition que des règles claires évitent une accumulation de contraintes en fin de période.

En résumé

Les deux décrets récemment publiés font entrer la certification périodique dans une phase institutionnelle concrète.
Le cadre est posé, les responsabilités sont identifiées et le contrôle est organisé.

Mais pour les professionnels de santé, l’essentiel reste à construire :
des parcours lisibles, des règles simples, des financements identifiés et une charge de travail soutenable.

Les prochains textes et décisions opérationnelles seront déterminants pour que la certification périodique devienne un véritable levier d’amélioration des pratiques, et non une contrainte administrative de plus.

Inscriptions DPC 2026 : ouverture le 10 décembre et nouveaux changements

Les inscriptions au Développement Professionnel Continu (DPC) pour l’année 2026 ouvriront leurs portes le mercredi 10 décembre à 14h. Les professionnels de santé pourront effectuer leur inscription directement depuis leur espace personnel sur le site de l’ANDPC à l’adresse habituelle : https://www.agencedpc.fr/professionnel/

Budget DPC 2026 pour les médecins généralistes

Le crédit alloué aux médecins généralistes reste inchangé avec 21 heures de formation pour l’année 2026. Cette année pourrait marquer la dernière du fonctionnement actuel de l’ANDPC, d’où l’importance de bien anticiper ses inscriptions.

Modifications majeures des indemnisations DPC en 2026

Formation continue à distance : fin des indemnisations

Le changement le plus notable concerne les formations continues en distanciel qui ne seront plus indemnisées à partir de 2026. Cette décision marque un tournant significatif dans la politique de formation des professionnels de santé.

EPP et GDR : réduction de 50% des indemnités

Les actions d’Évaluation des Pratiques Professionnelles (EPP) et de Gestion Des Risques (GDR) en distanciel subissent également une baisse importante. Leur indemnisation passe à 22,50 euros par heure, soit une réduction de 50% par rapport aux tarifs appliqués jusqu’en 2025.

Impact sur les organismes de formation DPC

Les organismes de formation DPC font face à des modifications importantes de leur modèle économique :

  • Formations en présentiel : maintien des prises en charge financières
  • Classes virtuelles : réduction à 80% du montant initial
  • Unités non présentielles : chute drastique à 50% de la prise en charge
  • EPP : diminution de la survalorisation de 130% à 120%

Ces changements interviennent dans un contexte d’incertitude suite à l’annonce de la suppression de l’Agence Nationale du DPC.

Une annonce tardive qui soulève des questions

L’annonce de ces modifications intervient seulement 48 heures avant l’ouverture des inscriptions, ce qui laisse peu de temps aux professionnels de santé pour adapter leur stratégie de formation. Cette communication de dernière minute interroge d’autant plus que la formation à distance est particulièrement appréciée par les praticiens pour sa flexibilité. Une analyse partagée par le site Info-DPC.

Quel avenir pour le DPC après 2026 ?

À ce jour, aucune information officielle n’a été communiquée concernant le devenir de la formation continue des professionnels de santé après 2026. L’incertitude plane sur les modalités qui remplaceront le système actuel de l’ANDPC.

Nous vous tiendrons informés dès que de nouvelles informations seront disponibles sur l’évolution du dispositif DPC et les futures modalités de formation continue.

À retenir pour vos inscriptions DPC 2026 :

  • Date d’ouverture : 10 décembre à 14h
  • Budget : 21 heures pour les médecins généralistes
  • Formations continues en distanciel : non indemnisées
  • EPP/GDR en distanciel : 22,50€/heure
  • Anticipez vos inscriptions face aux changements annoncés

Suppression annoncée de l’ANDPC : ce que l’on sait, et ce que cela pourrait changer

Un message publié ce week-end sur LinkedIn par un porte-parole des agents de l’ANDPC a créé la surprise dans le monde de la formation continue des professionnels de santé : l’Agence Nationale du Développement Professionnel Continu (ANDPC) serait en voie de suppression.

Selon cette communication interne, une réunion de travail est déjà programmée pour le mardi 25 novembre entre des représentants de la Direction Interministérielle de la Transformation Publique (DITP) et la Direction générale de l’ANDPC afin d’entamer officiellement les travaux de démantèlement de l’agence.

Pour l’heure, très peu d’informations circulent :
➡️ Aucun texte officiel n’a encore été publié.
➡️ Aucun calendrier précis n’a été communiqué aux organismes de formation, aux conseils professionnels ou aux médecins.
➡️ Cette annonce n’émane que du personnel de l’ANDPC pour informer ses agents.

Mais cette prise de parole interne va clairement dans le sens des signaux faibles qui circulaient déjà depuis mars dernier : discussions interministérielles, arbitrages budgétaires, volonté politique d’unifier les démarches qualité, et surtout le projet — déjà ancien — de basculer vers une certification périodique obligatoire pour tous les professionnels de santé.


Un tournant majeur pour le DPC

La suppression de l’ANDPC constituerait un changement structurel majeur :

1. Fin de l’agence telle qu’on la connaît

L’ANDPC, créée en 2013, assure trois missions :

  • financer les formations DPC pour les professionnels libéraux et salariés conventionnés,
  • contrôler la qualité des actions de formation,
  • accompagner les organismes et les instances scientifiques.

Sa disparition impliquerait qu’une autre structure — probablement interministérielle — reprenne ces missions… ou que certaines disparaissent.

2. Une réorganisation complète de la formation continue

Le message évoque explicitement un démantèlement, ce qui laisse entendre :

  • une redistribution des missions,
  • une refonte complète des processus d’inscriptions, financements et validations,
  • un possible gel ou bridage des actions actuelles pendant la transition.

3. L’hypothèse d’un passage accéléré vers la certification périodique

Depuis deux ans, l’idée d’une certification périodique revient régulièrement dans les annonces publiques.
Le principe :
⚫ un parcours pluriannuel,
⚫ structuré autour de plusieurs types d’activités (formation, simulation, auto-évaluation, actualisation scientifique…),
⚫ validé par une autorité unique.

Si l’ANDPC disparaît, il est cohérent que ce nouveau modèle prenne rapidement sa place.


Pourquoi maintenant ?

Plusieurs facteurs semblent converger :

  • Volonté politique de simplification des dispositifs professionnels.
  • Critiques récurrentes sur la lourdeur administrative du DPC.
  • Besoin de cohérence entre formation continue, EPP, certification périodique et obligations ordinales.
  • Contexte budgétaire tendu : le financement du DPC représente plusieurs centaines de millions d’euros par an.

En ce sens, la suppression de l’ANDPC pourrait être la première étape d’une réforme plus globale.


Ce que cela signifie pour les médecins aujourd’hui

À ce stade, aucune décision officielle n’a été publiée et rien ne change immédiatement dans votre pratique :

✔ les formations DPC continuent,
✔ les sessions en cours restent valides,
✔ les indemnisations prévues doivent être maintenues,
✔ les organismes continuent d’assurer leurs missions.

Mais cette annonce interne doit être prise au sérieux : elle marque le début d’un processus institutionnel qui, en administration centrale, ne s’arrête jamais une fois lancé.


Et maintenant ?

Nous sommes dans une phase d’incertitude.
Les prochaines semaines seront cruciales pour comprendre :

  • comment sera organisée la transition,
  • ce qu’il adviendra des budgets 2025-2026,
  • comment seront reconnues les formations déjà effectuées,
  • comment les médecins devront remplir leurs obligations réglementaires.

Si vous êtes professionnel de santé, organisme de formation, ou instance représentative, il est important de rester attentif aux communications officielles, qui devraient arriver rapidement.

D’ici là, l’annonce publiée par les agents de l’ANDPC constitue un premier signal public d’une évolution que beaucoup anticipaient déjà :
👉 le DPC tel que nous le connaissons pourrait disparaître, au profit d’un système unifié centré sur la certification périodique.

Crédits DPC 2025 : épuisés plus tôt que prévu, quelles options pour les médecins ?

L’Agence Nationale du DPC (ANDPC) a annoncé que l’enveloppe de crédits allouée aux médecins pour 2025 est déjà totalement consommée.

En conséquence, toute nouvelle inscription à une action de DPC se fait désormais sur liste d’attente. Le principe est simple : l’inscription n’est confirmée que si un autre médecin se désiste ou n’achève pas sa formation. Si aucun crédit ne se libère, l’inscription est automatiquement annulée 7 jours avant le début de la session choisie.

Une restriction progressive de l’accès au DPC

Cette annonce s’ajoute à une mesure déjà en vigueur pour les autres professionnels de santé (infirmiers, pharmaciens, kinésithérapeutes, etc.), qui ne pouvaient s’inscrire en 2025 que s’ils n’avaient pas encore suivi de formation financée cette année. Désormais, les médecins sont eux aussi directement concernés par ces limitations.

Les conséquences pour les médecins généralistes

  • Manque de visibilité sur son parcours de formation.
  • Annulations tardives à seulement 7 jours de la session prévue.
  • Difficultés pour la certification périodique, le DPC étant un pilier de cette obligation.

Quelles alternatives ?

De plus en plus de praticiens choisissent d’explorer des solutions en autofinancement, qui permettent de garantir une place sans dépendre du budget national du DPC.
Certains organismes proposent ainsi des formules par abonnement incluant des formations validantes DPC à tarif compétitif, offrant une meilleure sécurité d’inscription et plus de flexibilité dans l’organisation de son parcours de formation.

Et pour la suite ?

Le triennal de formation ayant été prolongé, les médecins pourront utiliser les crédits DPC 2026 pour accéder à nouveau aux formations financées. Cette perspective permet de planifier dès maintenant sa stratégie de formation pour l’an prochain, tout en complétant son parcours avec des solutions alternatives en 2025.

📌 En résumé : les crédits DPC 2025 sont déjà épuisés, mais le prolongement du triennal et l’ouverture des crédits 2026 offriront une nouvelle opportunité d’accès. En attendant, l’autofinancement reste une option fiable pour continuer à se former et répondre à ses obligations.

DPC : les orientations prioritaires 2023-2025 prolongées jusqu’à fin 2026

C’est désormais officiel : les orientations pluriannuelles prioritaires de développement professionnel continu (DPC) prévues pour la période 2023-2025 sont prolongées d’un an, jusqu’au 31 décembre 2026.
Une mesure de stabilité bienvenue dans un contexte d’incertitude sur l’avenir du DPC et la montée en puissance de la certification périodique.

Aucune modification des thématiques pour 2026

Cette prolongation signifie que les sujets de formation DPC restent strictement identiques pour une année supplémentaire. Les organismes de DPC peuvent continuer à proposer leurs actions actuelles, sans avoir à réadapter leur offre à de nouvelles orientations dès 2025.

👉 En clair :

  • Les formations déjà validées au titre du DPC restent éligibles.
  • Les thématiques prioritaires définies pour 2023-2025 sont maintenues.
  • Il n’y a pas de nouveaux appels à contributions ni de modification de grille d’analyse à anticiper pour l’instant.

Une décision liée aux incertitudes sur la réforme en cours

Cette prolongation s’inscrit dans un contexte particulier :
➡️ Le dispositif de DPC est aujourd’hui sous examen, avec deux rapports récents (IGAS et Cour des comptes) suggérant son évolution, voire sa suppression, au profit de la certification périodique introduite par la loi de 2019.

Mais cette réforme n’est ni finalisée, ni clairement planifiée. D’où cette décision de maintenir les repères existants pendant un an supplémentaire, pour ne pas désorganiser le système en attendant des décisions politiques plus structurantes.

Ce que cela change concrètement pour les acteurs du DPC

Pour les organismes de DPC :

  • Les formations existantes restent pleinement mobilisables.
  • Aucun ajustement thématique n’est requis pour 2026.
  • Cela permet de poursuivre les activités de formation sans rupture ni révision de catalogue.

Pour les médecins généralistes :

  • Ils peuvent continuer à suivre des actions DPC conformes aux obligations triennales.
  • Cela garantit une continuité d’offre en attendant les arbitrages sur la réforme.

En résumé

  • Les orientations DPC 2023-2025 sont prolongées jusqu’au 31 décembre 2026.
  • Aucun changement thématique : les sujets prioritaires restent inchangés.
  • Cette prolongation est liée à l’attente d’une réforme globale, notamment autour de la certification périodique.

On peut consulter l’arrêté sur le site du Journal Officiel de la RF.

Michèle Lenoir-Salfati prolongée à la tête de l’ANDPC pour six mois : une transition en suspens

La direction de l’Agence nationale du Développement Professionnel Continu (ANDPC) vient d’être prolongée pour une durée de six mois, jusqu’à fin 2025. Michèle Lenoir-Salfati, en poste depuis 2016, voit ainsi son mandat étendu temporairement, dans un contexte d’incertitude sur l’avenir du DPC lui-même.

Une prolongation courte, à forte portée symbolique

Cette prolongation de seulement six mois surprend par sa brièveté. Alors que les mandats de direction dans ce type d’agence sont généralement reconduits pour des durées pluriannuelles, cette décision pourrait être interprétée comme un signal politique : celui d’une période transitoire, dans l’attente de décisions plus profondes sur le devenir du DPC.

Deux rapports qui fragilisent le DPC

Cette prolongation intervient quelques mois après la publication de deux rapports officiels (Inspection générale des affaires sociales – IGAS, et Cour des comptes) pointant les limites du dispositif actuel du DPC. Ces rapports plaident en faveur :

  • d’un remplacement du DPC par la certification périodique ;
  • d’un pilotage recentré autour des ordres professionnels ;
  • et d’un dispositif plus lisible, plus efficient, et mieux articulé avec les enjeux de santé publique.

Autrement dit, la reconduction courte de la directrice pourrait bien refléter une remise en question plus structurelle du modèle actuel du DPC.

Une direction dans l’attente, des acteurs dans le flou

Dans ce climat, la prolongation de Michèle Lenoir-Salfati pourrait être interprétée comme :

  • une solution d’attente, en l’absence de décision claire sur l’avenir de l’agence elle-même ;
  • un signal de prudence du ministère, qui semble temporiser avant d’engager une réforme d’ampleur ;
  • ou encore une tentative de maintenir la stabilité dans une période de transition pour les professionnels de santé comme pour les organismes de formation.

Et maintenant ?

Alors que la certification périodique est entrée en vigueur pour certaines professions depuis 2023, les interrogations sur le devenir du DPC restent entières :

  • L’ANDPC survivra-t-elle à la réforme ?
  • Les financements actuels seront-ils maintenus ?
  • Quel rôle joueront les ordres dans la future gouvernance ?

Pour l’heure, les organismes de formation et les professionnels de santé doivent composer avec une architecture fragile, entre DPC encore en vigueur, orientations prolongées jusqu’en 2026, et montée en puissance d’un nouveau modèle.


Une période de flou, mais aussi de vigilance. La communauté du DPC devra rester attentive aux décisions des prochains mois. Car derrière cette prolongation technique, c’est peut-être la fin d’un cycle qui se profile.

L’arrêté sur le site du Journal Officiel.

Ma Certif Pro Santé : la plateforme qui redéfinit la certification des soignants

Simplifier la vie des professionnels de santé

Dans un univers médical en perpétuelle mutation, l’exigence de qualifications régulièrement réévaluées se fait de plus en plus impérative. C’est face à ce constat que Ma Certif Pro Santé voit le jour : un espace numérique pensé pour centraliser et fluidifier l’ensemble des démarches de certification des praticiens.

L’objectif est clair : dégager les soignants des lourdeurs administratives pour qu’ils puissent se consacrer pleinement à leurs patients. En regroupant tous les modules et justificatifs au même endroit, la plateforme promet une gestion plus rapide et plus intuitive de la certification.

Quatre piliers pour un développement professionnel complet

La certification périodique s’articule autour de quatre volets, tous intégrés dans Ma Certif Pro Santé :

  1. Actualisation des savoirs
    Se tenir informé des avancées scientifiques et maîtriser les nouvelles techniques.
  2. Auto-évaluation et amélioration continue
    Mettre en place des démarches réflexives pour analyser et faire progresser ses pratiques.
  3. Qualité de la relation patient
    Renforcer ses compétences en communication et relationnel avec les patients.
  4. Bien-être des professionnels
    Prendre en compte la santé mentale et physique des praticiens eux-mêmes.

Pour les médecins, il est ainsi attendu huit actions sur un cycle de six ans, réparties équitablement : deux engagements par dimension, garantissant une montée en compétence équilibrée.

Une palette d’actions reconnues

Ma Certif Pro Santé se veut universelle :

  • Formations certifiantes (DPC, formations continues, accréditations)
  • Réflexion collective ou individuelle (analyses de processus qualité, revues de risque, retours d’expérience)

Cette diversité valorise toutes les initiatives professionnelles, qu’elles soient académiques ou issues du terrain.

Ma Certif Pro Santé est encore en cours de développement.

Les défis techniques à relever

Alors que le service est en phase de finalisation, plusieurs questions techniques doivent trouver leur réponse :

  • Interopérabilité avec les systèmes existants (notamment la plateforme nationale du DPC)
  • Saisie simplifiée des actions réalisées par les praticiens

Ces points sont cruciaux pour ne pas transformer l’outil en une charge supplémentaire, mais bien au contraire pour alléger véritablement les procédures administratives.

Sécurité et fiabilité au cœur du projet

L’architecture prévue repose sur :

  • Identification via e-CPS,
  • Gestion des comptes assurée par l’Agence du Numérique en Santé,
  • Validation des parcours de certification par les Ordres professionnels.

Ainsi, confidentialité des données et légitimité des attestations sont garanties.

Un tableau de bord pour piloter la qualité des soins

Au-delà de l’usage individuel, Ma Certif Pro Santé proposera des indicateurs de suivi aux instances de santé :

  • Conseils Nationaux Professionnels
  • Ordres et autorités sanitaires
  • Établissements de soin
  • Direction Générale de l’Offre de Soins

Ces rapports permettront de mesurer l’avancement des certifications et d’évaluer la pertinence des actions conduites.

Vers une gestion administrative optimisée

Par son approche intégrée et intuitive, Ma Certif Pro Santé s’inscrit dans la dynamique de transformation numérique du secteur. En diminuant la charge bureaucratique, elle offre aux professionnels de santé la liberté de se recentrer sur l’essentiel : le soin et l’accompagnement des patients.

La prochaine phase de déploiement sera à suivre de près, dans l’espoir d’un système de santé toujours plus performant et humain.

Triennal 2026 2028 de DPC : incertitudes sur les dates clés

Le prochain triennal de Développement Professionnel Continu (DPC) couvrira les années 2026 à 2028. Comme à chaque cycle, les orientations nationales prioritaires de DPC seront publiées au Journal Officiel (JORF), généralement à la fin de l’été.

Un calendrier serré pour les organismes de formation

Une fois ces orientations publiées, l’Agence Nationale du DPC (ANDPC) émettra des fiches de cadrage. Ces documents sont essentiels pour les organismes de formation de DPC (ODPC), car ils leur permettent de structurer et déposer le déroulé pédagogique de leurs actions de formation en vue de leur validation par l’ANDPC.

L’ANDPC dispose ensuite de deux mois pour rendre un avis sur ces propositions. Afin de proposer des formations dès le 1er janvier 2026, il est donc impératif que les orientations et les fiches de cadrage soient disponibles bien avant la fin de l’année 2025. Tout retard pourrait impacter la mise en place des formations et la conformité des professionnels de santé à leurs obligations de DPC.

L’ANDPC en pleine incertitude

Cependant, l’avenir de l’ANDPC est actuellement incertain. Un rapport de l’Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS) et de la Cour des Comptes a soulevé des questions sur son fonctionnement, laissant planer le doute sur son avenir.

Cette incertitude a mené à un mouvement social au sein de l’agence. Un mouvement de grève a été initié par le personnel de l’ANDPC, et a été suivi à hauteur de 70 % le lundi 1er avril 2025. Parmi les 86 employés que compte l’ANDPC, 60 ont cessé le travail.

À ce jour, aucune réponse officielle n’a été donnée aux grévistes par les instances dirigeantes de l’agence, ce qui alimente les inquiétudes quant à la continuité des activités et la publication des documents nécessaires au bon déroulement du triennal 2026-2028.

Nous suivrons de près l’évolution de la situation et ne manquerons pas de vous tenir informés.

Les agents de l’ANDPC en grève contre la suppression de l’obligation de DPC

Le secteur de la formation continue en santé traverse une crise majeure. Suite aux recommandations du rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) du 12 mars 2025, qui préconise la suppression de l’obligation de Développement Professionnel Continu (DPC) pour les professions de santé réglementées à compter du 31 décembre 2025, les agents de l’Agence nationale du DPC (ANDPC) ont décidé d’entrer en grève dès le 31 mars.

Une réforme controversée et des conséquences alarmantes

Dans un courrier adressé aux Organismes de DPC (ODPC), le collectif des agents de l’ANDPC dénonce une mesure aux effets catastrophiques. La suppression de l’obligation de DPC entraînerait :

  • L’arrêt du financement du DPC à partir du 1er janvier 2026 ;
  • La suppression de milliers d’emplois dans les ODPC et au sein de l’ANDPC ;
  • Une diminution drastique de l’offre de formation, freinant l’innovation pédagogique dans le domaine de la santé ;
  • Un impact négatif sur la qualité des soins, en raison de formations moins accessibles et insuffisamment adaptées aux enjeux de santé publique.

Le collectif fustige également l’absence de concertation avec les acteurs du secteur. Plusieurs ordres professionnels – à l’exception notable de celui des médecins – ont apporté leur soutien aux amendements CS155 et CS1138, déposés le 19 mars dans le cadre du projet de loi de simplification de la vie économique, qui entérinent ces recommandations du rapport IGAS.

Un avenir incertain pour la formation continue des professionnels de santé

Au-delà de la suppression du DPC obligatoire, le rapport IGAS préconise la disparition pure et simple de l’ANDPC, avec un transfert de ses missions d’évaluation à la Haute Autorité de Santé (HAS). Or, cette transition s’inscrit dans le cadre d’une certification périodique des professionnels de santé, annoncée en 2023 mais toujours non mise en œuvre.

Face à cette incertitude, les agents de l’ANDPC annoncent une grève reconductible à compter du 31 mars pour défendre non seulement leurs emplois, mais aussi l’avenir de la formation continue des professionnels de santé. « Nous refusons cette casse préméditée, violente et maltraitante », déclarent-ils dans leur message d’alerte.

Une mobilisation cruciale pour l’avenir du DPC

L’obligation de DPC a été instaurée pour garantir un niveau optimal de compétence des professionnels de santé et assurer une qualité de soins adaptée aux besoins de la population. Sa suppression pourrait fragiliser l’ensemble du système de formation continue en santé. Reste à voir si la grève initiée par les agents de l’ANDPC parviendra à infléchir la position du gouvernement. Les semaines à venir seront décisives.