Michèle Lenoir-Salfati prolongée à la tête de l’ANDPC pour six mois : une transition en suspens

La direction de l’Agence nationale du Développement Professionnel Continu (ANDPC) vient d’être prolongée pour une durée de six mois, jusqu’à fin 2025. Michèle Lenoir-Salfati, en poste depuis 2016, voit ainsi son mandat étendu temporairement, dans un contexte d’incertitude sur l’avenir du DPC lui-même.

Une prolongation courte, à forte portée symbolique

Cette prolongation de seulement six mois surprend par sa brièveté. Alors que les mandats de direction dans ce type d’agence sont généralement reconduits pour des durées pluriannuelles, cette décision pourrait être interprétée comme un signal politique : celui d’une période transitoire, dans l’attente de décisions plus profondes sur le devenir du DPC.

Deux rapports qui fragilisent le DPC

Cette prolongation intervient quelques mois après la publication de deux rapports officiels (Inspection générale des affaires sociales – IGAS, et Cour des comptes) pointant les limites du dispositif actuel du DPC. Ces rapports plaident en faveur :

  • d’un remplacement du DPC par la certification périodique ;
  • d’un pilotage recentré autour des ordres professionnels ;
  • et d’un dispositif plus lisible, plus efficient, et mieux articulé avec les enjeux de santé publique.

Autrement dit, la reconduction courte de la directrice pourrait bien refléter une remise en question plus structurelle du modèle actuel du DPC.

Une direction dans l’attente, des acteurs dans le flou

Dans ce climat, la prolongation de Michèle Lenoir-Salfati pourrait être interprétée comme :

  • une solution d’attente, en l’absence de décision claire sur l’avenir de l’agence elle-même ;
  • un signal de prudence du ministère, qui semble temporiser avant d’engager une réforme d’ampleur ;
  • ou encore une tentative de maintenir la stabilité dans une période de transition pour les professionnels de santé comme pour les organismes de formation.

Et maintenant ?

Alors que la certification périodique est entrée en vigueur pour certaines professions depuis 2023, les interrogations sur le devenir du DPC restent entières :

  • L’ANDPC survivra-t-elle à la réforme ?
  • Les financements actuels seront-ils maintenus ?
  • Quel rôle joueront les ordres dans la future gouvernance ?

Pour l’heure, les organismes de formation et les professionnels de santé doivent composer avec une architecture fragile, entre DPC encore en vigueur, orientations prolongées jusqu’en 2026, et montée en puissance d’un nouveau modèle.


Une période de flou, mais aussi de vigilance. La communauté du DPC devra rester attentive aux décisions des prochains mois. Car derrière cette prolongation technique, c’est peut-être la fin d’un cycle qui se profile.

L’arrêté sur le site du Journal Officiel.

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