Archives mensuelles : décembre 2025

Certification périodique des professionnels de santé : le cadre se précise, la mise en œuvre reste à construire

Après des années d’annonces et de débats, la certification périodique des professionnels de santé (CPP) franchit une étape décisive avec la publication de deux décrets.
Ces textes posent enfin une ossature réglementaire claire : les acteurs sont identifiés, les responsabilités réparties et les mécanismes de contrôle organisés.

Pour autant, une réalité s’impose : les modalités pratiques restent largement à définir. Comment valider chaque brique ? Avec quels financements ? Selon quelles règles concrètes ? Autant de questions encore ouvertes.

Deux décrets pour installer le dispositif national

Les nouveaux textes structurent le fonctionnement global de la certification périodique.
Ils définissent :

  • l’organisation du système,
  • les rôles des institutions impliquées,
  • le suivi administratif des parcours,
  • et les procédures de contrôle.

En revanche, ils laissent volontairement de côté les détails opérationnels, qui conditionneront pourtant l’adhésion des professionnels et l’efficacité réelle du dispositif.

Décret 2025-1335

Décret 2025-1336

Une répartition des rôles désormais lisible

Les CNP : concevoir les contenus

Les Conseils Nationaux Professionnels (CNP) sont chargés de bâtir les contenus de la certification pour chaque profession et spécialité.
Ils déterminent les actions attendues, en lien avec l’évolution des connaissances, les pratiques de terrain et les priorités de santé publique.

👉 À ce stade, les formats exacts, la charge de travail attendue et les critères précis de validation restent à préciser.

La HAS : garantir la cohérence scientifique

Les contenus proposés par les CNP doivent être validés par la Haute Autorité de Santé (HAS).
Son rôle est d’assurer la qualité scientifique, l’harmonisation nationale et la cohérence avec les recommandations officielles.

Le gouvernement conserve par ailleurs la possibilité de demander à la HAS d’adapter ou de compléter les contenus, en fonction de nouveaux enjeux sanitaires ou organisationnels.

👉 Reste à savoir comment ces évolutions s’appliqueront aux professionnels déjà engagés dans un cycle de certification.

L’État : centraliser les preuves de suivi

L’État déploie un téléservice dédié, Ma Certif’Pro Santé, destiné à recueillir :

  • les actions réalisées,
  • les justificatifs transmis,
  • l’état d’avancement de chaque professionnel.

Cet outil constitue le socle administratif du dispositif.
👉 Mais la nature des preuves attendues, leur format et leur articulation avec les dispositifs existants (DPC, EPP locales, formations internes) ne sont pas encore clairement définis.

Les ordres professionnels : contrôler et accompagner

Les conseils nationaux des ordres, notamment le Conseil national de l’Ordre des médecins pour les médecins, assurent le contrôle du respect des obligations.

Leur mission consiste à :

  • vérifier la conformité des parcours,
  • contacter les professionnels non à jour,
  • demander des explications ou justificatifs,
  • proposer des solutions de régularisation,
  • et, si nécessaire, engager une procédure disciplinaire.

L’esprit affiché est celui de l’accompagnement progressif, même si les seuils précis de déclenchement des contrôles restent encore à clarifier.

La certification périodique des professionnels de santé : 4 axes à valider à 100%

Les quatre piliers de la certification périodique

La CPP repose sur quatre dimensions complémentaires, désormais bien établies sur le plan conceptuel.

1. Actualisation des connaissances

Formations, recommandations, nouvelles compétences : il s’agit de maintenir un haut niveau scientifique.

2. Analyse des pratiques professionnelles (EPP)

Audits, démarches qualité, retours d’indicateurs : une approche réflexive de l’exercice réel.

3. Relation avec le patient

Communication, information, décision partagée, qualité de la relation soignant-soigné.

4. Santé du professionnel

Prévention de l’épuisement, santé mentale, conditions d’exercice et équilibre professionnel.

👉 Ce qui manque encore :

  • la liste des actions permettant de valider chaque pilier,
  • les équivalences possibles entre actions,
  • les exigences minimales par période.

Un calendrier défini, des modalités à venir

Le cadre temporel est désormais acté :

  • Piliers 1 et 2 : validation tous les 3 ans, dans une logique proche du DPC.
  • Piliers 3 et 4 : validation tous les 6 ans.

Mais une question centrale demeure : le financement.
Quels dispositifs financeront quelles actions ? Avec quels plafonds ? Et comment s’articuleront DPC, certification périodique et formations hors DPC ?

Diplômés récents : un délai transitoire

Les professionnels diplômés après 2023 disposent d’un régime spécifique :
➡️ 9 ans pour valider leur première certification périodique complète.

Un délai destiné à faciliter l’entrée dans le dispositif, à condition que des règles claires évitent une accumulation de contraintes en fin de période.

En résumé

Les deux décrets récemment publiés font entrer la certification périodique dans une phase institutionnelle concrète.
Le cadre est posé, les responsabilités sont identifiées et le contrôle est organisé.

Mais pour les professionnels de santé, l’essentiel reste à construire :
des parcours lisibles, des règles simples, des financements identifiés et une charge de travail soutenable.

Les prochains textes et décisions opérationnelles seront déterminants pour que la certification périodique devienne un véritable levier d’amélioration des pratiques, et non une contrainte administrative de plus.

Inscriptions DPC 2026 : ouverture le 10 décembre et nouveaux changements

Les inscriptions au Développement Professionnel Continu (DPC) pour l’année 2026 ouvriront leurs portes le mercredi 10 décembre à 14h. Les professionnels de santé pourront effectuer leur inscription directement depuis leur espace personnel sur le site de l’ANDPC à l’adresse habituelle : https://www.agencedpc.fr/professionnel/

Budget DPC 2026 pour les médecins généralistes

Le crédit alloué aux médecins généralistes reste inchangé avec 21 heures de formation pour l’année 2026. Cette année pourrait marquer la dernière du fonctionnement actuel de l’ANDPC, d’où l’importance de bien anticiper ses inscriptions.

Modifications majeures des indemnisations DPC en 2026

Formation continue à distance : fin des indemnisations

Le changement le plus notable concerne les formations continues en distanciel qui ne seront plus indemnisées à partir de 2026. Cette décision marque un tournant significatif dans la politique de formation des professionnels de santé.

EPP et GDR : réduction de 50% des indemnités

Les actions d’Évaluation des Pratiques Professionnelles (EPP) et de Gestion Des Risques (GDR) en distanciel subissent également une baisse importante. Leur indemnisation passe à 22,50 euros par heure, soit une réduction de 50% par rapport aux tarifs appliqués jusqu’en 2025.

Impact sur les organismes de formation DPC

Les organismes de formation DPC font face à des modifications importantes de leur modèle économique :

  • Formations en présentiel : maintien des prises en charge financières
  • Classes virtuelles : réduction à 80% du montant initial
  • Unités non présentielles : chute drastique à 50% de la prise en charge
  • EPP : diminution de la survalorisation de 130% à 120%

Ces changements interviennent dans un contexte d’incertitude suite à l’annonce de la suppression de l’Agence Nationale du DPC.

Une annonce tardive qui soulève des questions

L’annonce de ces modifications intervient seulement 48 heures avant l’ouverture des inscriptions, ce qui laisse peu de temps aux professionnels de santé pour adapter leur stratégie de formation. Cette communication de dernière minute interroge d’autant plus que la formation à distance est particulièrement appréciée par les praticiens pour sa flexibilité. Une analyse partagée par le site Info-DPC.

Quel avenir pour le DPC après 2026 ?

À ce jour, aucune information officielle n’a été communiquée concernant le devenir de la formation continue des professionnels de santé après 2026. L’incertitude plane sur les modalités qui remplaceront le système actuel de l’ANDPC.

Nous vous tiendrons informés dès que de nouvelles informations seront disponibles sur l’évolution du dispositif DPC et les futures modalités de formation continue.

À retenir pour vos inscriptions DPC 2026 :

  • Date d’ouverture : 10 décembre à 14h
  • Budget : 21 heures pour les médecins généralistes
  • Formations continues en distanciel : non indemnisées
  • EPP/GDR en distanciel : 22,50€/heure
  • Anticipez vos inscriptions face aux changements annoncés