Remplacement du DPC par la certification périodique ?

Un rapport publié le 12 mars par l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) remet en question l’Agence nationale du développement professionnel continu (ANDPC) et l’obligation de DPC pour les professionnels de santé. L’Igas estime que l’ANDPC n’a pas réussi à accompagner l’évolution du dispositif et recommande de supprimer cette obligation pour les professions de santé à ordre (médecins, dentistes, pharmaciens, infirmiers, kinés, podologues, sages-femmes), qui doivent désormais se conformer à la certification périodique.

Depuis janvier 2023, cette certification impose un cadre plus large que le DPC et son non-respect est sanctionné par les ordres professionnels. Cependant, sa mise en place reste incomplète : certains référentiels sont flous, des textes réglementaires manquent, et l’État peine à assurer un pilotage efficace par manque de moyens.

Pour clarifier l’ensemble du dispositif, le rapport suggère de supprimer l’obligation de DPC dès 2025 pour les professions concernées, nécessitant une modification législative. Toutefois, il avertit que cette suppression pourrait affecter la qualité des formations si la certification ne gagne pas rapidement en rigueur. Pour les autres professionnels de santé non soumis à cette certification, le DPC serait maintenu mais nécessiterait une révision de son contenu pour éviter des contraintes excessives.

L’Igas propose aussi d’harmoniser les durées des cycles de certification, de DPC et d’accréditation à six ans, et de simplifier la régulation en limitant les thématiques prioritaires. Elle suggère également d’unifier les critères de reconnaissance des organismes de formation via un label commun.

Concernant l’ANDPC, le rapport estime qu’elle doit disparaître sous sa forme actuelle. Trois options sont envisagées : la transformer en établissement public, transférer ses missions à un service national sous la tutelle du ministère de la Santé, ou confier la gestion du DPC et de la certification à la Haute Autorité de Santé (HAS), option jugée la plus pertinente. Cette restructuration s’inscrit dans un effort global de rationalisation des agences publiques.

Par ailleurs, un autre rapport de l’Igas souligne l’échec du DPC : seules 22 % des personnes éligibles au financement de l’ANDPC ont validé leur obligation triennale 2020-2022, soit à peine 100 000 professionnels sur 2 millions. Cette faible adhésion s’explique par une réglementation trop rigide, des priorités de formation mal adaptées aux besoins réels et un processus administratif décourageant pour les organismes de formation.

En conclusion, l’Igas recommande de trancher sur la réforme avant la fin du premier trimestre 2025 et de reporter le début de la certification périodique afin de mieux organiser sa mise en œuvre.

Ouverture des inscriptions au DPC 2025 dès le 12 décembre 2024

C’est finalement le 12 décembre 2024 à 14h qu’il sera possible de s’inscrire à la prise en charge financière pour suivre des formations DPC en 2025.

L’Agence du DPC avait initialement communiqué sur la date du 10 décembre 2024, mais il semble qu’elle ait dû retarder l’ouverture des inscriptions.

Par ici pour s’inscrire : https://www.agencedpc.fr/professionnel/

Du côté du nombre d’heures pris en charge, le calcul est moins évident qu’avant et dépend de si vous avez déjà fait du DPC en 2023 et 2024 :

Le montant des indemnités et des prises en charge n’a pas changé lui :

Seules nouveautés :

  • on ne peut s’inscrire à une session de classe virtuelle que jusqu’à la veille de celle-ci et plus le jour même
  • on peut s’inscrire à une action non présidentielle qui comporte plusieurs unités uniquement jusqu’à la veille de la seconde unité.

Comme toujours, si vous avez des questions ou besoin d’aide sur le DPC, n’hésitez pas à laisser un message.

Fin d’année 2024 et nouvelles sessions 2025 [MàJ]

[Mise à jour du 10 décembre] : finalement l’ouverture des inscriptions se fera le 12 décembre à 14h

La fin d’année 2024 approche à grand pas et le quota de crédits DPC alloué à l’ensemble des médecins généralistes pour cette année a atteint 95% d’utilisation. C’est le cas pour d’autres professions comme les chirurgiens-dentistes, masseurs kinésithérapeutes, infirmières… En conséquence, l’Agence du DPC a décidé de n’autoriser les inscriptions de médecins à des sessions se déroulant en 2024 uniquement à ceux n’ayant pas encore demandé de prise en charge financière en 2024. Ils devront par ailleurs attendre le désistement d’un autre participant pour que la prise en charge financière devienne effective.

Pour les autres, il faudra attendre l’ouverture des sessions 2025 pour pouvoir de nouveau s’inscrire avec une prise en charge financière de l’Agence du DPC sans s’acquitter personnellement des frais pédagogiques. Cette ouverture des inscriptions pour 2025 est prévue pour le 10 décembre 2024 d’après la communication reçue ce jour.

Pour résumer :

Seuls les MG qui ne sont pas encore inscrits à une session en 2024 peuvent demander la prise en charge financière et l’indemnisation pour une session de formation en 2024. Pour les autres :

  • aucun changement pour les sessions 2024 auxquelles vous êtes déjà inscrits, vous serez indemnisés sous réserve de finir votre formation.
  • vous devez attendre l’ouverture des sessions 2025, début décembre, pour pouvoir vous inscrire avec une prise en charge financière et indemnisation.

Impossible de m’inscrire à un DPC !

Suivre des formations DPC est une obligation pour tous les professionnels de santé qui exercent en France. Même si s’inscrire à une action de formation est relativement simple, il se peut que parfois vous soyez bloqué. Si vous n’arrivez pas à vous inscrire à une action de formation DPC, voici quelques points à vérifier :

Est-ce que vous cherchez le bon numéro d’action ?

Chaque formation est identifiable par son numéro d’action composé de 11 chiffres comme par exemple 67562325022 : vérifiez que vous avez le bon numéro ! Les 4 premiers chiffres sont l’organisme de formation. Les 4 suivants, le triennal (2023-2025 dans cet exemple) et les trois derniers sont le numéro d’ordre de dépôt de l’action par l’organisme de formation.

Est-ce que vous cherchez correctement ?

Le moteur de recherche d’actions de formation de l’Agence du DPC n’est pas des plus clairs. Si vous avez le bon numéro d’action, avez-vous la bonne année de réalisation (= l’année où la formation a été déclarée à l’ANDPC) ? La formation est-elle bien ouverte à votre profession ?

Est-ce que vous avez assez de crédit ?

Si vous n’avez plus assez de crédit, vous pourrez vous inscrire, mais l’organisme de formation va sans doute vous demander de prendre en charge les coûts de formation.

Est-ce que vous avez bien indiqué un RIB et expressément demandé la prise en charge financière ?

C’est souvent le cas quand on vient de créer son compte DPC : votre RIB n’est pas enregistré dans votre compte DPC et donc l’option qui permet de demander la prise en charge financière du coût des formations n’est pas cochée. Ce RIB permet de recevoir l’indemnité pour perte de ressource qui vous dédommage pour le temps passé à vous former.

Informations financières dans l'espace professionnel DPC. Indiquez bien votre RIB !

Une fois votre RIB renseigné, tentez de nouveau l’inscription.

Si vous n’arrivez toujours pas à vous inscrire malgré ces conseils, vous pouvez contacter l’organisme de formation. Vous pouvez également contacter l’Agence Nationale du DPC mais ils ne sont pas réputés pour leur rapidité. Sinon, posez votre question dans les commentaires !

Fin de mondpc.fr : refonte de l’espace dédié aux professionnels de santé

C’est la fin du site MonDPC.fr ! En effet, l’Agence du DPC a récemment mis à jour son site principal et c’est depuis sa partie consacrée aux professionnels de santé que ces derniers peuvent désormais chercher et s’inscrire à des actions de formation DPC.

Les médecins, sages-femmes, dentistes… qui souhaitent faire du DPC voient donc regroupé en un seul endroit tout ce qui a trait à leur parcours de formation :

https://www.agencedpc.fr/professionnel/

Cette section du site de l’Agence du DPC a été revue. Elle contient un moteur de recherche des actions de DPC, le décompte de leur crédit annuel, la possibilité de s’inscrire.

Si vous êtes perdu, voici comment s’inscrire à une formation DPC en images :

  1. commencez par vous rendre sur la page dédiée aux professionnels de santé : https://www.agencedpc.fr/professionnel/ puis identifiez-vous avec vos identifiants et mots de passe.
  2. ensuite, cliquez dans le menu sur Inscription, puis Rechercher une action / S’inscrire :
  1. vous arrivez dans un moteur de recherche des actions DPC. Vous pouvez utiliser plusieurs critères de recherche. Normalement, votre profession et votre spécialité sont déjà préremplies. Par exemple, médecin et médecine générale. Vous pouvez ensuite choisir le nom de l’organisme qui vous intéresse si vous le connaissez déjà, ou la référence de l’action à 11 chiffres, ou chercher par texte, par exemple le nom d’une pathologie. Attention un champ est très important : l’année de réalisation. C’est l’année où la formation a été créée. Testez avec 2023, 2024 ou 2025 ! Sinon vous risquez de n’avoir aucun résultat (l’ANDPC ferait bien de corriger ce défaut d’ergonomie…).
  1. Pour notre exemple, nous allons utiliser le nom de l’organisme de formation des médecins généralistes Guideline.care :
  1. Les différentes actions de formation de l’organisme apparaissent. On en choisit une en cliquant sur Détail. Les informations décrivant l’action de formation apparaissent :
  1. Pour pouvoir s’inscrire à cette formation, il faut qu’elle ait une session ouverte. Pour voir les sessions, on clique en haut dans Liste des Sessions. Chic ! Il y a des sessions ouvertes. Si une des sessions a une date qui nous intéresse, on clique sur le bouton S’inscrire :
  • On a alors un récapitulatif de demande de prise en charge. Il indique le numéro d’action, la session, les dates de session, le nombre d’heures de DPC décomptées. Pour valider la demande d’inscription, il faut cliquer le bouton vert Valider :

À partir de là, un email sera envoyé par l’ANDPC à l’organisme de formation avec votre demande. L’organisme devra accepter (ou refuser…) votre demande. L’email envoyé ne contient que vos noms, prénoms, numéro RPPS et adresse email. Il est donc vital que votre adresse email de DPC soit la bonne et que vous la surveillez (surtout le dossier Spam) car c’est à cette dernière que l’organisme de formation va vous écrire avec la marche à suivre pour accéder à la formation. Cette adresse est souvent différente de votre adresse professionnelle ou celle de votre cabinet donc soyez vigilant.

Voilà, si vous avez des questions, n’hésitez pas à les poster en commentaire.

Bravo à l’Agence du DPC pour cette mise à jour de leur site qui permet de tout retrouver au même endroit.

S’inscrire à un DPC : tout expliqué en vidéo

Mise à jour de novembre 2023 : MonDPC est désuet et tout se passe sur le site de l’Agence du DPC. Cet article détaille les étapes en captures d’écran, et on a mis à jour la vidéo ci-dessous.

Suite de l’article original :

On ne s’inscrit pas si souvent que cela à un DPC. Si vous vous n’avez plus en tête la procédure à suivre, voici comment faire pour s’inscrire à une action de formation DPC expliqué en vidéo en 6 minutes chrono !

Le DPC : s’inscrire à une formation pour avoir la prise en charge financière

Merci à l’organisme Guideline.care, qui propose du contenu et des formations DPC pour les médecins généralistes, d’avoir conçu cette vidéo.

Les médecins généralistes doivent se former régulièrement, c’est un obligation. Ils ont droit à 21h prises en charge chaque année.

Crédits DPC : connaitre son plafond pour 2023, 2024 et 2025

Pas facile de s’y retrouver dans les informations communiquées par l’Agence du DPC pour connaître son plafond de crédits DPC. À combien d’heures de formation prises en charge par le DPC pouvez-vous prétendre en 2023, 2024 et 2025 ? Ce tableau résume tout et permet de comprendre à quoi vous avez droit :

Plafonds de prise en charge pour les crédits DPC des médecins généralistes en 2023, 2024 et 2025

Votre plafond dépend de votre date de première inscription à une formation DPC.

  • Si votre première inscription se fait en 2023, vous avez droit à 49h en tout pour le triennal 2023-2025.
  • Si votre première inscription se fait en 2024, vous avez droit à 28h en tout pour le triennal 2023-2025.
  • Si votre première inscription se fait en 2025, vous avez droit à 21h en tout pour le triennal 2023-2025.

À première vue, il ne semble donc plus possible de profiter de 21h chaque année du triennal (soit 63h en 3 ans) et les médecins sont donc limités à 49h au maximum. Ne soyez pas surpris si vous n’avez droit qu’à 7h en 2025 car vous avez fait 21h en 2024 et aucune en 2023. Ces règles qui rendent les obligations des médecins particulièrement complexes ne vont pas vraiment dans le sens d’une incitation à se former régulièrement. N’hésitez pas à en parler directement avec un organisme de formation DPC spécialisé dans les médecins généralistes.

Autre nouveauté qui n’est pas présentée directement aux médecins généralistes : la possibilité pour les organismes de formation DPC de ne valider que les heures de formation effectivement suivies par les participants. Par exemple, si un médecin s’inscrit à une formation qui est prévue pour 7h mais qu’il n’en suit que 3h30, alors l’organisme pourra valider 3h de formations. Cette mesure est la bienvenue pour valider son DPC sans se soucier d’avoir raté quelque chose.

Un exemple concret consiste à s’inscrire à une formation de 21h, par exemple celle constituée d’une cinquantaine de cas cliniques chez Guideline.care et de réaliser un cas clinique par semaine pour valider tranquillement le maximum d’heures qu’on peut. Les cas cliniques sont focalisés sur la pratique quotidienne en cabinet de médecine générale, sans détails inutiles, avec les tests, les traitements, les scores et des exemples d’ordonnances utiles pour une prise en charge efficace du patient.

Source : Agence du DPC. Le PDF hébergé ici pour référence future.

Prise en charge financière du DPC : modalités pour 2023

Installés ou remplaçants, libéraux ou salariés, conventionnés ou pas, retraités… quels médecins généralistes peuvent bénéficier de la prise en charge financière de leur DPC ? L’Agence du DPC vient de publier quelques précisions à ce sujet et si vous souhaitez en savoir plus, vous pouvez également consulter cet autre article sur le financement du DPC.

Conventionné

Un médecin généraliste doit exercer en mode conventionné, que ce soit en libéral via son cabinet ou en tant que salarié via la structure qui l’emploie, pour bénéficier de la prise en charge de son DPC

Libéral ou salarié

Que le médecin exerce en libéral ou centre de soin en tant que salarié ne change rien à sa prise en charge financière, il y a droit dans les

Remplaçant, retraité

Les médecins remplaçants ne peuvent pas prétendre à la prise en charge financière par l’ANDPC, il est ainsi depuis janvier 2022.

Les médecins retraités peuvent prétendre à la prise en charge financière du DPC s’il poursuit une activité libérale installée conventionnée ou salariée d’un centre de santé conventionné dans le cadre d’un cumul emploi-retraite.

Contrôle de la prise en charge

L’Agence du DPC contrôle la possibilité d’une prise en charge financière jusqu’à la veille du premier jour d’une session de formation. Ces cas doivent être rares, mais si vous devenez inéligibles après vous être inscrit à une formation mais avant que celle ci ne démarre, si l’ANDPC en a vent avant le premier jour de la formation, alors elle refusera la prise en charge financière.

Les cas de non prise en charge financière

Si vous n’êtes pas dans un cas d’éligibilité à prise en charge financière, alors vous êtes toujours dans l’obligation de suivre des formations validantes DPC, mais à vos frais ou grâce à un autre mode de financement. Les principaux cas d’inéligibilité sont :

  • pas de conventionnement avec l’Assurance Maladie (exemple : secteur 3)
  • remplaçant d’un médecin libéral
  • retraité sans activité

Pour rappel, nous avons un article sur les montants des prises en charge financières du DPC pour les médecins généralistes.

L’Évaluation des Pratiques Professionnelles par un Audit Clinique

L’audit clinique, un moyen efficace d’améliorer ses pratiques professionnelles

Les avancées scientifiques et technologiques imposent de mettre à jour régulièrement les connaissances et les pratiques des professionnels de santé. Dans le cadre du Développement Professionnel Continu, les soignants participent tous les trois ans à des formations et des sessions d’évaluations de leurs pratiques professionnelles. Parmi ces dernières, l’audit clinique s’avère une excellente méthode.

Comment réaliser un audit clinique de ses pratiques médicales ? 

L’audit clinique est défini et validé par la HAS. Il consiste à mesurer les écarts entre pratique réelle observée et pratique attendue ou souhaitée. À son issue, des actions d’amélioration sont mises en place. La HAS propose cinq étapes pour parfaire ce dispositif.

1. Définir le champ d’application de l’audit clinique

Le praticien ou le service concerné va choisir le thème sur lequel portera l’audit. Il est nécessaire de travailler sur un champ étroit, bien circonscrit source d’interrogation de la part du professionnel ou qui connaît des avancées scientifiques ou réglementaires. Le thème doit donc être à la fois : 

  • Suffisamment important, 
  • D’actualité (scientifique, professionnelle…),
  • Bien cadré,
  • Susceptible de conduire à la mise en place d’actions concrètes.

Par exemple, cela peut porter sur la préparation de la sortie d’un patient hospitalier pour l’audit clinique d’un établissement ou service, ou sur la prescription médicamenteuse chez les sujets âgés pour un généraliste.

2. Déterminer des critères pertinents et mesurables

Le choix des critères doit s’inspirer principalement de la littérature récente : articles scientifiques, nouveautés législatives et réglementaires, recommandations de bonnes pratiques… 

L’autre source potentielle est la pratique du professionnel lui-même : s’il rencontre des points critiques, s’il a conscience de difficultés dans la qualité de certains soins, il a tout intérêt à sélectionner cet aspect.

3. Mener l’évaluation de manière prospective ou rétrospective selon les cas

L’évaluation peut être prospective dans le cas de pratiques de soins : les évaluateurs observent directement des situations, ou mènent des entretiens avec le professionnel.

Elle peut également être rétrospective : on examine des dossiers des patients. La HAS recommande de travailler sur un minimum de dix dossiers. Dans les faits, plus le nombre est important, plus la validité des résultats est forte.

Les résultats sont analysés par des professionnels et conduisent à pointer les écarts entre pratique et recommandations.

4. Mettre en place des améliorations de la pratique

Sur la base des écarts identifiés, le professionnel va mettre en œuvre des actions d’amélioration de la qualité des soins. 

Celles-ci doivent permettre une amélioration réelle de la pratique. On leur demande donc d’être très concrètes, faciles à mettre en œuvre, organisées avec un calendrier prévisionnel et suivies dans le temps.

5. Réévaluer ces nouvelles pratiques

De manière à consolider ce travail, les nouvelles pratiques seront réévaluées une année plus tard sur la base des mêmes critères.

Ce retour à l’évaluation permet de s’assurer de l’efficacité des mesures mises en place et, éventuellement, d’y apporter les corrections nécessaires à de meilleures performances.

L’audit clinique est pris en charge par l’ANDPC 

C’est l’Agence Nationale du DPC qui pilote le dispositif du DPC. L’audit clinique y étant intégré, les professionnels pourront ainsi s’acquitter de leur obligation de formation continue dans une période triennale, et éventuellement bénéficier d’une prise en charge des frais et du temps qu’ils y ont consacré.

L’audit clinique est ainsi un moyen puissant de mise à niveau du système de soins, validant l’intérêt et le succès du DPC.

L’Évaluation des Pratiques Professionnelles par Vignette Clinique

Les vignettes cliniques, une méthode efficace d’Évaluation des pratiques professionnelles

Le Développement personnel continu, ce programme obligatoire de formation continue pour les professionnels de santé, peut revêtir des formes variées. Tous les trois ans, chaque professionnel doit s’inscrire à une ou plusieurs activités : formation, évaluation des pratiques professionnelles, gestion des risques. De nombreuses méthodes sont utilisées, donc certaines sont autorisées depuis peu. C’est le cas des vignettes cliniques, que cet article vous présente en détail.

Les ressorts pédagogiques de la vignette clinique

C’est en 2020 que la Haute Autorité de santé a reconnu les vignettes cliniques comme une méthode valide d’Évaluation des pratiques professionnelles. De quoi s’agit-il ?

La vignette clinique : une mise en situation

La méthode est simple : contextualiser ou mettre en situation le médecin ou professionnel de santé concerné à partir d’une histoire de patient. Cela emprunte aux mêmes techniques que les cas cliniques, la simulation ou les tests de concordance de scripts : il s’agit d’une mise en situation à partir d’un scénario donné, incluant une étape de retour d’information au participant.

Les quatre étapes types des vignettes cliniques

Concrètement, une session d’EPP reposant sur une vignette clinique suit un certain nombre d’étapes précises :

  • La présentation d’un cas clinique concret, qui présente un intérêt particulier,
  • Un questionnaire : comment le médecin, l’infirmier, le chirurgien-dentiste, etc. analyse-t-il le cas ? Quel est son diagnostic ? Quel traitement mettre en place, quelle manière de prendre en charge le patient ? etc.
  • Un échange entre le ou les formateurs et le ou les stagiaires : retour sur les réponses des participants, afin de développer leurs connaissances et d’améliorer leur raisonnement clinique.
  • Un débriefing final entre formateur et participants.

L’idée est de délivrer des informations progressivement, étape par étape, comme dans un cas clinique réel : les stagiaires découvrent un symptôme, établissent un constat, formulent une hypothèse, échangent avec le formateur qui, éventuellement les aiguille, répondent à ses questions, trouvent la ou les réponses correctes. Puis on passe à un nouveau constat, et ainsi de suite. 

La vignette clinique au plus près des pratiques professionnelles

Plusieurs études ont été réalisées sur le potentiel pédagogique des vignettes cliniques. Il en ressort que cette méthode apparaît comme un outil efficace pour la formation des professionnels de santé.

Elle permet en effet aux praticiens d’améliorer leur raisonnement clinique. En se confrontant à des cas spécifiques et en étant guidés par un formateur dans leur perception, ils travaillent sur cette démarche intellectuelle qui les amène à décrypter (des symptômes, une situation), déterminer (une ou des possibilités de diagnostic), décider (quel diagnostic porter, et en conséquence quelle réponse apporter) pour résoudre un problème de santé.

La vignette clinique, en ce qu’elle pousse le professionnel de santé à exercer son raisonnement clinique, enclenche chez lui tout un cheminement cognitif complexe : à la fois démarche analytique, déductive, reposant sur des connaissances théoriques ; mais aussi recours à des mécanismes inconscients, faisant un appel « réflexe » à un historique de cas déjà vus et mémorisés par le praticien.

Les vignettes cliniques sont une excellente méthode d’EPP, dans la mesure où elles portent à la fois sur les connaissances et sur les pratiques. Elles s’inscrivent ainsi non seulement dans le cadre du DPC, mais également dans celui plus large de la certification périodique, qui se focalise entre autres sur la pratique médicale.